En bref
Le classement d'un meublé de tourisme est une démarche facultative : un organisme accrédité par le COFRAC visite le logement et lui attribue de 1 à 5 étoiles, pour 5 ans. Il ouvre le micro-BIC à 50 % jusqu'à 77 700 € de recettes (revenus 2025), au lieu de 30 % jusqu'à 15 000 €, et une taxe de séjour à tarif fixe ; son prix est libre et n'est fixé par aucun texte.
Qu’est-ce que le classement d’un meublé de tourisme ?
Le classement meublé de tourisme est une évaluation officielle de la qualité d’un logement loué à une clientèle de passage. Il est facultatif : aucun loueur n’est tenu de le demander. Il compte 5 catégories, de 1 à 5 étoiles, attribuées au regard d’une grille de critères fixée par arrêté, qui en compte 133 selon la direction générale des entreprises. Une fois obtenu, il vaut 5 ans.
Son principal effet est fiscal, et c’est pourquoi il occupe une place centrale dans notre dossier sur la fiscalité de la location meublée de tourisme. Il n’a en revanche aucun effet sur votre droit de louer. Le guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme du ministère de la Transition écologique le dit sans ambiguïté (§ 1.2) : le classement ne change rien aux obligations du loueur. Un meublé 5 étoiles doit être enregistré comme les autres, obtenir une autorisation de changement d’usage si sa commune l’exige, et respecter le plafond de nuits s’il s’agit d’une résidence principale.
Le classement ne doit pas non plus être confondu avec un label privé ou avec une note sur une plateforme. Seule une décision de classement délivrée après la visite d’un organisme accrédité produit les effets décrits ici. Des étoiles affichées sur une annonce sans décision valide n’ouvrent droit à rien.
Comment se déroule la démarche de classement ?
La démarche passe par un organisme d’évaluation. Il doit être accrédité par le COFRAC, le Comité français d’accréditation, ou « réputé accrédité ». Atout France, l’agence de développement touristique de la France, publie la liste officielle de ces organismes, dont la version du 2 mars 2026 est la plus récente que nous ayons consultée. Choisissez votre organisme dans cette liste : c’est la garantie que la visite débouchera sur un classement reconnu.
La démarche se déroule en trois temps.
Préparer le logement. La grille de critères est fixée par arrêté. Avant de demander une visite, procurez-vous-la et parcourez-la pièce par pièce pour situer votre logement et repérer ce qui manque pour la catégorie visée. Un équipement absent peut faire perdre une étoile, ou faire échouer le classement dans la catégorie demandée. Imprimée et glissée sur un porte-blocaff., la grille se coche facilement en faisant le tour du logement.
Faire réaliser la visite. Un évaluateur de l’organisme contrôle le logement sur place, critère par critère.
Obtenir la catégorie. À l’issue du contrôle, l’organisme attribue une catégorie de 1 à 5 étoiles, valable 5 ans. Conservez la décision : c’est elle qui justifie les cases fiscales du classé, le tarif fixe de taxe de séjour et l’affichage du panonceau.
Que se passe-t-il au bout de 5 ans ?
Le classement n’est pas renouvelé automatiquement. À l’échéance, sans nouvelle visite, le meublé redevient non classé : il repasse à l’abattement de 30 % et au seuil de 15 000 € pour l’impôt, et à la taxe de séjour au pourcentage. Notez la date d’expiration dès l’obtention et prévoyez la visite suivante suffisamment tôt : un agenda sur cinq ansaff. permet de l’inscrire le jour même. Chaque cycle de 5 ans suppose donc une nouvelle dépense, que l’on compare à l’économie des 5 années suivantes.
Combien coûte le classement d’un meublé de tourisme ?
Aucun texte ne fixe le prix de la visite, et nous n’avons trouvé aucun barème officiel. Chaque organisme accrédité établit son tarif librement. Il peut varier selon l’organisme, la surface, la catégorie visée ou la localisation du logement. Méfiez-vous des chiffres présentés comme « le prix du classement » : ils ne reflètent que les tarifs d’un organisme à un moment donné.
La seule méthode fiable consiste à demander plusieurs devis à des organismes de la liste d’Atout France. En les comparant, posez-leur les mêmes questions : le prix comprend-il les frais de déplacement, que se passe-t-il si le logement n’atteint pas la catégorie demandée, dans quel délai la visite peut-elle avoir lieu ? Ce sont les réponses de l’organisme, écrites dans son devis, qui vous engagent.
Devis, puis décision de classement : ces documents vous serviront pendant cinq ans, pour la déclaration de revenus comme pour la taxe de séjour. Rangez-les avec les autres pièces du logement.
Idéal pour : garder la décision de classement à portée de main
Porte-vues pour les documents du meublé
- Devis, décision de classement, DPE et numéro d'enregistrement au même endroit
- Pochettes transparentes : chaque document se lit sans être sorti
- Se range dans le logement ou chez vous, prêt à produire
À savoir : Gardez aussi une copie numérique de la décision de classement.
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Le montant retenu se compare ensuite à ce que le classement vous fait gagner. C’est l’objet du calcul qui suit.
Quel est l’intérêt fiscal du classement ?
Depuis la loi Le Meur (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, article 7), l’écart fiscal entre un meublé classé et un non classé est important. Pour les revenus perçus depuis le 1er janvier 2025, le régime micro-BIC de l’article 50-0 du code général des impôts s’applique ainsi :
| Non classé | Classé | |
|---|---|---|
| Seuil de recettes du micro-BIC | 15 000 € | 77 700 € |
| Abattement forfaitaire | 30 % | 50 % |
| Cases de déclaration | 5NH / 5OH | 5NG / 5OG |
L’abattement ne descend jamais sous 305 €. Pour les revenus 2026, la version de l’article 50-0 en vigueur au 1er juillet 2026 porte le seuil du classé à 83 600 €, montant à confirmer par le barème de l’administration ; celui du non classé reste à 15 000 €.
Le classement joue de deux façons, selon vos recettes.
Sous 15 000 € de recettes, les deux catégories restent au micro-BIC, et le classement réduit le revenu imposable de 20 % des recettes. Un gîte loué 9 000 € par an laisse 6 300 € imposables en non classé, 4 500 € en classé : 1 800 € de moins. Au taux marginal de 11 %, cela représente environ 198 € d’impôt en moins par an, soit 990 € sur les 5 ans de validité.
Entre 15 000 € et 77 700 €, le classement est la seule façon de rester au micro-BIC. Non classé, le logement relève obligatoirement du régime réel, avec comptabilité, charges déduites et amortissements. La comparaison se fait alors entre le revenu imposable du classé (la moitié des recettes) et le résultat au réel, qui dépend de vos charges. Pour un bien payé de longue date, le classement l’emporte souvent ; pour un bien acheté à crédit et amorti, le réel peut donner un résultat plus faible.
Au-delà de 77 700 €, classé ou non, le micro-BIC est fermé et le classement perd son intérêt fiscal direct.
Combien d’années pour amortir le classement ?
Le module ci-dessous part du devis que vous avez reçu. Il calcule l’impôt que le classement vous fait économiser chaque année, le répartit sur les 5 ans de validité, indique au bout de combien de mois la visite est remboursée et le prix maximal au-delà duquel elle ne l’est plus. Si vos recettes dépassent 15 000 €, il vous demande votre revenu imposable estimé au réel, que seul un calcul sur vos charges peut fournir.
Calcul de retour
Combien d'années pour amortir le classement ?
Saisissez le prix que l'organisme vous a annoncé : aucun tarif n'est fixé par les textes. Le module répartit l'économie d'impôt sur les 5 ans de validité du classement. Rien n'est envoyé.
Hypothèses : recettes et taux marginal constants pendant 5 ans, abattement minimal de 305 €, seuils des revenus 2025. Impôt sur le revenu seulement : ni prélèvements sociaux, ni taxe de séjour, ni cotisations. Estimation documentaire.
Deux paramètres font l’essentiel du résultat : vos recettes et votre taux marginal d’imposition. À recettes égales, un foyer imposé à 30 % rembourse la visite presque trois fois plus vite qu’un foyer imposé à 11 %. Un foyer non imposable n’en tire aucun bénéfice sur l’impôt sur le revenu : le classement ne se justifie alors que par ses autres effets. Le calcul ne tient pas compte des prélèvements sociaux. Pour une estimation de votre imposition d’ensemble, utilisez notre simulateur d’impôts ; pour la comparaison détaillée des deux revenus imposables, le guide classé ou non classé : l’impôt en 2026 propose son propre simulateur.
Si votre commune a abaissé le plafond de nuits de la résidence principale, ou si vous prévoyez de louer moins, refaites le calcul avec les recettes attendues, pas celles de l’an dernier.
Quels autres avantages apporte le classement ?
L’impôt sur le revenu n’est pas le seul terrain. Quatre autres effets peuvent peser dans la décision, surtout quand l’économie fiscale est faible.
Une taxe de séjour à tarif fixe. Un meublé non classé paie une taxe proportionnelle : entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée par personne, dans la limite du tarif le plus élevé voté par la collectivité (article L2333-30 du code général des collectivités territoriales). Un meublé classé paie un tarif fixe par personne et par nuit, voté pour sa catégorie. À Ajaccio, selon la fiche tarifaire de février 2025, les meublés non classés paient 5 % du prix de la nuitée par personne, plafonnés à 4,60 € avant taxe additionnelle (voir la fiche d’Ajaccio). À Hendaye, la grille 2026 retient aussi 5 %, avec 44 % de parts additionnelle et départementale et un plafond de 6,48 € (voir la fiche d’Hendaye). Pour savoir si le tarif fixe de votre catégorie est plus ou moins élevé que le pourcentage appliqué à vos prix, lisez la délibération de votre commune. Le mode de calcul est détaillé dans notre guide de la taxe de séjour.
Les chèques-vacances. Un meublé classé peut adhérer à l’ANCV, l’Agence nationale pour les chèques-vacances, et accepter ce moyen de paiement. C’est un argument auprès d’une clientèle familiale qui en dispose par son employeur.
Des exonérations d’impôts locaux en zone rurale. En zone de revitalisation rurale, une commune peut exonérer les meublés classés de taxe d’habitation et de taxe foncière, sur délibération (articles 1407, III et 1383 E bis du CGI). L’exonération n’est pas automatique : renseignez-vous auprès de votre mairie.
Le panonceau. Le classement donne droit à l’affichage du panonceau officiel, repère de qualité pour les voyageurs.
Combien d’étoiles viser ?
Pour l’impôt, la réponse est simple : aucune différence entre 1 et 5 étoiles. L’abattement de 50 % et le seuil du micro-BIC sont les mêmes pour toutes les catégories. Si votre objectif est seulement fiscal, viser la catégorie que votre logement atteint sans travaux suffit.
Le nombre d’étoiles compte ailleurs. Il détermine le tarif fixe de taxe de séjour, voté catégorie par catégorie par la commune : plus la catégorie est haute, plus le tarif voté l’est en général, mais seule la délibération locale le dit. Il pèse aussi sur l’image du logement auprès des voyageurs. Viser une catégorie plus haute que ce que le logement permet expose enfin à un classement dans une catégorie inférieure à celle demandée : mieux vaut s’auto-évaluer avec la grille avant la visite.
Le classement change-t-il quelque chose à vos autres obligations ?
Non, et c’est le point le plus souvent mal compris. Classé ou non, votre meublé doit être déclaré : depuis le 20 mai 2026, la loi prévoit un enregistrement auprès d’un téléservice national, dont l’ouverture est annoncée au quatrième trimestre 2026 ; en attendant, la procédure de votre commune s’applique. Notre guide du numéro d’enregistrement détaille la démarche. S’il s’agit d’une résidence secondaire dans une commune qui applique le changement d’usage, l’autorisation reste nécessaire, étoiles ou pas.
Le classement ne vous dispense pas non plus des seuils sociaux. Au-delà de 23 000 € de recettes annuelles, l’affiliation à un régime social devient obligatoire. Le classement a une incidence sur ce point : un meublé classé ouvre, dans certaines limites, le choix entre plusieurs régimes sociaux, quand le non classé relève du régime des indépendants. Ce mécanisme est détaillé dans notre article sur le statut LMNP ou LMP et les cotisations sociales. Et une fois classé, vos recettes se déclarent dans les cases du classé, comme l’explique notre article pour déclarer ses revenus de location courte durée. Le classement garde enfin ouvert le régime micro-entrepreneur, fermé aux meublés non classés depuis 2026, comme le détaille notre article SIRET, URSSAF et micro-entreprise.
Cet article présente les règles générales du classement. Pour arbitrer entre classement, micro-BIC et régime réel sur votre situation précise, un expert-comptable reste l’interlocuteur adapté.
Questions fréquentes
Le classement d'un meublé de tourisme est-il obligatoire ?
Non. C'est une démarche facultative. Un meublé non classé peut être loué dans les mêmes conditions ; il relève simplement d'un régime fiscal moins favorable et d'une taxe de séjour calculée au pourcentage.
Combien coûte le classement d'un meublé de tourisme ?
Aucun texte ne fixe de tarif : chaque organisme accrédité établit son prix librement. Demandez plusieurs devis aux organismes de la liste d'Atout France et comparez-les à l'économie d'impôt que le classement vous apporte sur 5 ans.
Combien de temps dure le classement d'un meublé de tourisme ?
5 ans. À l'échéance, sans nouvelle visite, le logement redevient non classé, pour l'impôt comme pour la taxe de séjour.
Un meublé 1 étoile a-t-il le même avantage fiscal qu'un 5 étoiles ?
Oui pour l'impôt sur le revenu : toutes les catégories bénéficient du même abattement de 50 % au micro-BIC. Le nombre d'étoiles compte en revanche pour la taxe de séjour, dont le tarif fixe varie selon la catégorie.
Qui peut classer un meublé de tourisme ?
Un organisme d'évaluation accrédité par le COFRAC, ou réputé accrédité. Atout France publie leur liste officielle, dont la version du 2 mars 2026 est la plus récente consultée.
Le classement dispense-t-il du numéro d'enregistrement ?
Non. Il ne change aucune obligation : enregistrement, changement d'usage et plafond de nuits de la résidence principale s'appliquent de la même façon, étoiles ou pas.
Comment classer un meublé de tourisme ?
En faisant visiter le logement par un organisme d'évaluation accrédité par le COFRAC, dont Atout France publie la liste. L'organisme vérifie les critères fixés par arrêté et le classement obtenu, de 1 à 5 étoiles, vaut 5 ans. La démarche est facultative et son tarif est libre.
Information documentaire établie à partir des textes en vigueur (Légifrance, Guide pratique de la réglementation des meublés de tourisme du ministère, impots.gouv.fr). Elle ne remplace pas l'avis de votre mairie, d'un notaire ou d'un avocat. Une erreur ? info@bs-media.fr.
Dossier
Fiscalité de la location meublée de tourisme en 2026 : impôt Airbnb, seuils et cotisationsLes recettes d'un meublé de tourisme sont imposées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux : au micro-BIC, l'abattement est de 30 % jusqu'à 15 000 € de recettes pour un logement non classé, de 50 % jusqu'à 77 700 € pour un logement classé (revenus 2025), avec un minimum de 305 €. Au-delà, le régime réel s'impose ; au-delà de 23 000 €, l'affiliation sociale devient obligatoire, et la taxe de séjour se collecte à part.
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