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Taxe de séjour d'un meublé de tourisme : calcul et collecte

Pour un meublé de tourisme non classé, la taxe de séjour n'est pas un forfait : c'est un pourcentage du prix de la nuitée, plafonné, auquel s'ajoutent des taxes additionnelles. Voici comment la calculer, et qui doit la collecter.

Par Baptiste S. Mis à jour le 26 septembre 2026 Textes vérifiés le 26 septembre 2026

En bref

Pour un meublé de tourisme non classé, la taxe de séjour vaut entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée par personne, selon le taux voté par la commune et dans la limite d'un plafond, auxquels s'ajoutent 10 % de taxe départementale ou 200 % en Île-de-France. Quand la réservation passe par une plateforme intermédiaire de paiement pour un loueur non professionnel, c'est la plateforme qui doit la collecter.

Qui fixe la taxe de séjour de votre meublé ?

La taxe de séjour n’est pas un impôt national à taux unique. Elle est instituée par le conseil municipal ou par l’organe délibérant de l’intercommunalité (EPCI), qui en fixe les tarifs dans les limites prévues par le code général des collectivités territoriales, aux articles L2333-26 et suivants. Deux meublés identiques, loués au même prix dans deux communes voisines, peuvent donc donner lieu à des montants différents. La taxe de séjour est l’un des volets de notre dossier sur la fiscalité de la location meublée de tourisme, avec l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales.

La délibération doit être prise avant le 1er juillet pour s’appliquer au 1er janvier suivant. Une commune ne peut donc pas modifier ses tarifs en cours d’année : ceux que vous lisez dans la délibération valent pour toute l’année civile. Les limites légales du barème sont elles-mêmes revalorisées chaque 1er janvier en fonction de l’inflation hors tabac.

Le montant dépend ensuite d’une distinction qui structure tout le dispositif : votre meublé est-il classé ou non ? Un meublé classé, de 1 à 5 étoiles, paie un tarif fixe par personne et par nuit, fixé pour sa catégorie. Un meublé non classé paie un pourcentage du prix de la nuitée. Ce guide et son calculateur portent sur ce second cas, le plus fréquent parmi les logements proposés sur les plateformes. Le classement a d’autres effets, fiscaux notamment, présentés dans notre guide sur la fiscalité des meublés classés et non classés.

Comment se calcule la taxe pour un meublé non classé ?

L’article L2333-30 du CGCT, dans sa version en vigueur depuis le 16 février 2025, fixe la règle : pour les hébergements non classés, le tarif applicable par personne et par nuitée est compris entre 1 % et 5 % du coût par personne de la nuitée, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité. Le calcul se fait en quatre temps.

D’abord, le coût de la nuitée par personne : le prix de la nuitée divisé par le nombre d’occupants. Ensuite, le taux voté par la commune, entre 1 % et 5 %, appliqué à ce coût. Puis le plafond : si le résultat dépasse le tarif le plus élevé adopté par la collectivité, c’est ce plafond qui s’applique. Enfin, la taxe additionnelle éventuelle, calculée sur le montant communal. Le total par personne et par nuit se multiplie par le nombre de personnes et par le nombre de nuits. Pour une réservation en direct, une calculatrice de bureau avec touche pourcentageaff. suffit à refaire ces quatre étapes.

Un studio loué 95 € la nuit à deux voyageurs

Prenons un studio non classé loué 95 € la nuit à deux personnes, pendant quatre nuits, dans une commune qui a voté le taux maximal de 5 % et qui applique la taxe additionnelle départementale.

ÉtapeCalculMontant
Coût de la nuitée par personne95 € ÷ 247,50 €
Taux communal de 5 %47,50 € × 5 %2,375 €
Taxe additionnelle départementale de 10 %2,375 € × 10 %0,2375 €
Par personne et par nuit2,61 € environ
Par nuit, pour deux personnes5,23 € environ
Pour le séjour de quatre nuits20,90 €

Ce calcul suppose que 2,375 € reste sous le plafond voté par la commune. Si celle-ci a adopté un plafond inférieur, c’est ce plafond qui remplace la deuxième ligne, et la taxe additionnelle se calcule sur lui.

Le même studio à Paris ou en Île-de-France

En Île-de-France, la taxe additionnelle n’est pas de 10 % mais de 200 %. Pour le même studio, au même taux communal, la taxe par personne et par nuit passe à 2,375 € plus 4,75 €, soit 7,125 €. Pour deux personnes et quatre nuits, le séjour supporte 57 € de taxe de séjour, près de trois fois plus qu’en province.

Un appartement familial à 180 € la nuit

Un appartement loué 180 € la nuit à quatre personnes donne un coût par personne de 45 €. À 5 %, la part communale atteint 2,25 € par personne ; avec la taxe départementale, 2,475 €. Pour quatre personnes, cela fait 9,90 € par nuit, et 69,30 € pour une semaine de sept nuits. Diviser le prix par le nombre d’occupants rend le calcul sensible à la taille du groupe : plus les voyageurs sont nombreux pour un même prix, plus la taxe par personne diminue, mais le total par nuit reste identique, tant que le plafond n’est pas atteint.

Combien de taxe de séjour pour votre séjour ?

Le calculateur ci-dessous reprend ces étapes avec vos chiffres. Il vous faut deux données propres à votre commune : le taux voté, entre 1 % et 5 %, et le plafond par personne et par nuit. Les deux figurent dans la délibération tarifaire, que la mairie ou l’office de tourisme peut vous communiquer. La fiche de votre ville, dans la liste des communes, réunit les règles locales de location déjà recensées.

Calculateur

Combien de taxe de séjour pour ce séjour ?

Pour un meublé de tourisme non classé. Le taux et le plafond figurent dans la délibération de votre commune ou de votre intercommunalité, souvent publiée sur son site. Rien n'est envoyé : le calcul se fait dans votre navigateur.

Les exonérations éventuelles et les règles d'arrondi ne sont pas prises en compte : vérifiez-les auprès de votre commune. Le plafond est revalorisé chaque 1er janvier.

Le calculateur ne traite pas les exonérations : vérifiez auprès de votre commune si certains voyageurs en sont dispensés avant de les retirer du calcul. Les règles d’arrondi ne sont pas non plus appliquées : les montants s’affichent au centime.

Comment lire la délibération de votre commune ?

La délibération tarifaire est le seul document qui donne les deux chiffres du calcul. Elle liste les catégories d’hébergement avec un tarif fixe pour chacune, et prévoit une ligne à part pour les hébergements non classés, exprimée en pourcentage. Cette ligne donne le taux qui s’applique à votre meublé.

Le plafond ne figure pas toujours en toutes lettres sur cette ligne. L’article L2333-30 le définit comme le tarif le plus élevé adopté par la collectivité : repérez donc, dans la délibération, le tarif fixe le plus haut voté pour les hébergements classés. C’est ce montant qui borne le tarif proportionnel de votre meublé. Si le texte communal ne mentionne pas de taxe additionnelle, posez tout de même la question à la mairie : la taxe additionnelle départementale relève d’une autre collectivité, le département.

Vérifiez enfin la date. Une délibération adoptée avant le 1er juillet 2026 s’applique au 1er janvier 2027 : une délibération votée au printemps ne change donc rien aux séjours de l’été qui suit. Et comme les limites légales sont revalorisées chaque 1er janvier, un tarif fixe voté au maximum légal une année peut ne plus l’être l’année suivante, ce qui fait évoluer le plafond de votre meublé. Gardez la délibération de chaque année dans un porte-vuesaff., avec vos autres pièces de location : vous saurez quel tarif s’appliquait à chaque séjour.

Prenons une commune dont la délibération fixe 4 % pour les hébergements non classés, et dont le tarif fixe le plus élevé, voté pour la catégorie la plus haute, serait par hypothèse de 3 € par personne. Un logement loué 200 € la nuit à deux voyageurs donne un coût par personne de 100 € ; 4 % font 4 €, au-dessus du plafond hypothétique : le tarif retenu est alors de 3 € par personne et par nuit, avant taxe additionnelle. Ce chiffre de 3 € n’est qu’une illustration : seul le montant de votre délibération compte.

Quelles taxes additionnelles s’ajoutent à la part communale ?

La part communale n’est pas toujours la seule. Selon la page de la direction générale des collectivités locales consacrée à la taxe de séjour, trois taxes additionnelles peuvent s’y greffer, chacune exprimée en pourcentage du montant communal.

Taxe additionnelleTauxFondement
Départementale10 %CGCT L3333-1
Île-de-France, au profit d’Île-de-France Mobilités200 %CGCT L2531-18, depuis le 1er janvier 2024
Établissements des lignes nouvelles LNPCA, GPSO et LNMP34 %territoires desservis par ces projets

La taxe francilienne a été instaurée par la loi n° 2023-1322 de finances pour 2024, à son article 140. Elle triple de fait la taxe de séjour dans la région. La taxe de 34 % liée aux lignes ferroviaires nouvelles ne concerne que les territoires rattachés à ces projets ; le calculateur ne la propose pas, et votre commune vous dira si elle s’applique.

Qui doit collecter la taxe de séjour ?

La réponse dépend du canal de réservation et de votre statut. L’article L2333-34 du CGCT, commenté par le guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme du ministère de la Transition écologique, distingue trois situations.

Quand la réservation passe par une plateforme qui est intermédiaire de paiement, c’est-à-dire qui encaisse le prix pour le compte du loueur, et que le loueur est non professionnel, la collecte par la plateforme est obligatoire. Le statut professionnel ou non se détermine selon deux conditions, recettes supérieures à 23 000 € et aux autres revenus d’activité du foyer, présentées dans notre article LMNP ou LMP. La plateforme perçoit la taxe auprès du voyageur au moment du paiement et la reverse à la collectivité.

Quand le loueur est professionnel, ou quand la plateforme n’est pas intermédiaire de paiement (un site d’annonces qui met en relation sans encaisser), la collecte par la plateforme devient facultative : elle suppose un mandat du loueur. Sans mandat, c’est au loueur de percevoir la taxe et de la reverser. Ce statut professionnel n’a rien à voir avec l’immatriculation : tout loueur en meublé obtient un SIRET, professionnel ou non, comme l’explique notre article SIRET, URSSAF et micro-entreprise.

Enfin, pour une réservation en direct, par téléphone, par courriel ou par votre propre site, aucun intermédiaire n’intervient : c’est à vous de collecter.

Ces règles ont une conséquence pratique pour les loueurs qui combinent plusieurs canaux. Un même logement peut voir sa taxe collectée par une plateforme pour certaines réservations, et par le loueur pour les autres. Tenez un relevé des séjours réservés hors plateforme : ce sont ceux dont la taxe vous incombe.

Idéal pour : les réservations en direct

Carnet de réservations

  • Dates, nombre de voyageurs, prix et taxe perçue sur une même ligne
  • Total de la taxe à reverser lisible en fin de période
  • Sert aussi à compter les nuits d'une résidence principale

À savoir : Notez aussi les séjours réservés par plateforme si vous suivez le plafond de nuits.

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Reprenons le studio à 95 € la nuit pour deux voyageurs, avec une taxe de 5,23 € par nuit environ, taxe départementale comprise. Sur une année, son propriétaire, loueur non professionnel, enregistre 80 nuits réservées par une plateforme intermédiaire de paiement et 20 nuits réservées en direct par des habitués. La plateforme collecte la taxe des 80 premières nuits, soit environ 418 €. Les 20 nuits en direct représentent 104,50 € que le propriétaire doit lui-même percevoir auprès de ses voyageurs et reverser. Oublier ces nuits-là revient à manquer à l’obligation de collecte qui pèse sur le loueur quand aucun intermédiaire n’intervient. Le relevé sert aussi à suivre le plafond de nuits d’une résidence principale, que notre compteur de nuits additionne toutes plateformes confondues.

Pourquoi un meublé classé paie-t-il autrement ?

Un meublé classé relève d’un barème à tarif fixe : la commune vote un montant par personne et par nuit pour chaque catégorie, d’une à cinq étoiles, dans les limites légales. Le prix de la nuitée n’entre plus dans le calcul. C’est l’une des raisons, avec le micro-BIC plus favorable, pour lesquelles certains loueurs font classer leur logement : la démarche, sa durée de validité de 5 ans et son coût, libre, sont décrits dans notre article sur le classement du meublé de tourisme.

Le plafond du non classé est lié à ce barème. L’article L2333-30 limite le tarif proportionnel au tarif le plus élevé adopté par la collectivité : un meublé non classé, même très cher, ne paie jamais plus par personne que ce plafond. Pour comparer les deux régimes, seul le calcul avec les tarifs votés par votre commune fait foi.

La taxe de séjour dispense-t-elle des autres démarches ?

Non. Collecter et reverser la taxe de séjour ne vaut ni déclaration ni autorisation. Elle ne remplace pas non plus la déclaration de vos recettes à l’impôt sur le revenu, expliquée dans notre article pour déclarer ses revenus de location courte durée. Votre meublé doit être déclaré : depuis le 20 mai 2026, la loi prévoit un enregistrement auprès d’un téléservice national, dont l’ouverture est annoncée par la direction générale des entreprises au quatrième trimestre 2026. En attendant, la procédure de votre commune s’applique, avec son téléservice local s’il existe, sinon la déclaration en mairie par le cerfa n° 14004. Notre guide sur le numéro d’enregistrement détaille la démarche.

Selon votre situation, un changement d’usage ou un plafond de nuits peut aussi s’appliquer : le questionnaire Puis-je louer ? les passe en revue pour votre adresse. Les communes modifient régulièrement leurs tarifs de taxe de séjour, avec effet au 1er janvier : les alertes HostRules vous préviennent quand une règle change dans la vôtre. Ce guide décrit les règles générales ; pour un doute sur votre statut ou sur les tarifs applicables, le service de la taxe de séjour de votre commune ou de votre intercommunalité est l’interlocuteur compétent.

Questions fréquentes

Comment calculer la taxe de séjour d'un meublé non classé ?

Divisez le prix de la nuitée par le nombre d'occupants, appliquez le taux voté par la commune (entre 1 % et 5 %), retenez au plus le plafond voté, puis ajoutez la taxe additionnelle. Multipliez par le nombre de personnes et de nuits.

Airbnb collecte-t-il la taxe de séjour à ma place ?

Une plateforme intermédiaire de paiement doit la collecter pour les loueurs non professionnels. Pour un loueur professionnel, ou avec une plateforme qui n'encaisse pas le paiement, la collecte par la plateforme est facultative et suppose un mandat ; sans mandat, c'est au loueur de la collecter.

Pourquoi la taxe de séjour est-elle si élevée en Île-de-France ?

Depuis le 1er janvier 2024, une taxe additionnelle de 200 % s'y applique au profit d'Île-de-France Mobilités. Le montant communal est donc multiplié par trois.

Un meublé classé paie-t-il la même taxe de séjour ?

Non. Un meublé classé paie un tarif fixe par personne et par nuit, fixé par catégorie, et non un pourcentage du prix de la nuitée.

Suis-je loueur professionnel pour la collecte de la taxe de séjour ?

Vous êtes loueur en meublé professionnel quand les recettes de location meublée de votre foyer dépassent 23 000 € par an et dépassent aussi vos autres revenus d'activité. Sinon, vous êtes non professionnel, et une plateforme intermédiaire de paiement doit collecter la taxe pour vous.

Quand une commune peut-elle changer sa taxe de séjour ?

Par une délibération prise avant le 1er juillet, pour une application au 1er janvier suivant. Les limites légales du barème sont revalorisées chaque 1er janvier selon l'inflation hors tabac.

Qui paie la taxe de séjour sur Airbnb ?

Le voyageur. Le loueur ou la plateforme la perçoit puis la reverse à la collectivité. Pour un loueur non professionnel, une plateforme intermédiaire de paiement doit la collecter ; pour les réservations en direct, c'est au loueur de le faire.

Information documentaire établie à partir des textes en vigueur (Légifrance, Guide pratique de la réglementation des meublés de tourisme du ministère, impots.gouv.fr). Elle ne remplace pas l'avis de votre mairie, d'un notaire ou d'un avocat. Une erreur ? info@bs-media.fr.

Dossier

Fiscalité de la location meublée de tourisme en 2026 : impôt Airbnb, seuils et cotisations

Les recettes d'un meublé de tourisme sont imposées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux : au micro-BIC, l'abattement est de 30 % jusqu'à 15 000 € de recettes pour un logement non classé, de 50 % jusqu'à 77 700 € pour un logement classé (revenus 2025), avec un minimum de 305 €. Au-delà, le régime réel s'impose ; au-delà de 23 000 €, l'affiliation sociale devient obligatoire, et la taxe de séjour se collecte à part.

  1. 01Meublé de tourisme classé ou non classé : l'impôt en 2026
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