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Dossier · 5 articles

Préparer son logement pour la location courte durée : les conditions pour louer en meublé de tourisme

Avant la commune, il y a le logement. Classe énergétique, règlement de copropriété, nature du local, statut social, sécurité : cinq filtres décident si un bien peut accueillir des voyageurs, et chacun a sa règle.

Par Baptiste S. Mis à jour le 26 septembre 2026 Textes vérifiés le 26 septembre 2026

L'essentiel

Un logement social ne peut jamais devenir un meublé de tourisme ; un bureau ou un commerce peut l'être, mais la commune peut l'exiger d'une autorisation du maire, sous peine de 25 000 € d'amende. Hors résidence principale, le DPE doit être classé A à E pour obtenir un changement d'usage, et A à D pour tous en 2034 ; la copropriété peut interdire la location à la majorité des deux tiers, et le détecteur de fumée est à la charge du propriétaire.

Quelles sont les conditions pour louer un logement en meublé de tourisme ?

Préparer son logement pour la location courte durée commence par une question simple : ce bien a-t-il le droit d’accueillir des voyageurs ? La réponse ne dépend pas seulement de la commune. Elle tient d’abord au logement lui-même, et cinq règles nationales la conditionnent, toutes rédigées ou modifiées par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, et en vigueur depuis le 21 novembre 2024.

La première tient à la nature du local. Un logement social ne peut jamais être loué en meublé de tourisme. Un bureau ou un commerce peut l’être, mais la commune peut soumettre sa location à une autorisation du maire. La deuxième tient à la performance énergétique : hors résidence principale, un DPE classé A à E conditionne l’autorisation de changement d’usage, et le niveau A à D s’imposera à tous en 2034. La troisième tient à la copropriété, qui peut interdire la location dans certains lots. La quatrième tient à la sécurité : un détecteur de fuméeaff., à la charge du propriétaire en location saisonnière, et l’absence d’arrêté de mise en sécurité ou d’insalubrité. La cinquième, enfin, relève de la pratique plus que du droit : l’équipement qui permet d’accueillir des voyageurs dans de bonnes conditions.

Ces règles s’ajoutent à celles de la commune, sans les remplacer. Un appartement peut satisfaire à toutes les exigences de ce dossier et rester interdit à la location faute d’autorisation de changement d’usage, ou l’inverse. Le versant communal (autorisation, plafond de nuits, enregistrement) est traité dans notre dossier sur la réglementation de la location courte durée, et le versant fiscal dans celui sur la fiscalité du meublé de tourisme. Ce dossier-ci se concentre sur le bien.

Où en est votre logement ?

Le diagnostic ci-dessous reprend les critères qui décident. Décrivez votre bien : type de local, statut, copropriété, classe DPE, position de la commune, sécurité. Il classe chaque point en règle, à vérifier ou bloquant, et vous renvoie vers l’article du dossier qui le détaille. Si vous ne savez pas si votre commune applique le changement d’usage, laissez « Je ne sais pas », puis faites le test Puis-je louer ? pour votre adresse.

Diagnostic du logement

Mon logement peut-il devenir un meublé de tourisme ?

Décrivez votre bien : le diagnostic liste ce qui est en règle, ce qu'il reste à vérifier et ce qui bloque, avec l'article qui détaille chaque point. Vos réponses restent dans votre navigateur.

Diagnostic établi sur les règles nationales en vigueur. Les conditions locales (quotas, compensation, secteurs interdits) se lisent sur la fiche de votre commune. Il ne remplace pas l'avis de la mairie.

Le diagnostic porte sur des règles nationales. Les conditions locales, comme les quotas, la compensation ou les secteurs où la location est interdite, se lisent sur la fiche de chaque ville, dans la liste des communes.

Quels biens peuvent devenir des meublés de tourisme ?

Le code du tourisme définit les meublés de tourisme comme « des villas, appartements ou studios meublés, à l’usage exclusif du locataire, offerts à la location à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile » (article L324-1-1, I). Trois éléments comptent : le logement est loué entier, il est meublé, et le voyageur ne s’y installe pas.

Ce qui n’en est pas un échappe à ce dossier. La chambre chez l’habitant, où le reste du logement est partagé avec l’occupant, n’est pas un meublé de tourisme, pas plus que la chambre d’hôtes, l’hôtel ou la résidence de tourisme. Un logement loué avec un bail d’habitation ou un bail mobilité non plus.

Parmi les meublés de tourisme, une distinction gouverne presque toutes les règles de ce dossier : résidence principale ou non. Est une résidence principale le logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure (article 2 de la loi du 6 juillet 1989). Les nuits louées aux voyageurs ne comptent pas comme occupation, si bien qu’un logement loué plus de 120 jours dans l’année civile ne peut pas être une résidence principale. Une commune peut abaisser ce plafond jusqu’à 90 jours, en fixant un nombre compris entre 90 et 119. Le décompte est détaillé dans notre article sur la résidence principale et les 120 nuits.

Tout logement qui n’est pas une résidence principale relève du régime de la résidence secondaire. C’est lui qui porte l’essentiel des contraintes : autorisation de changement d’usage dans les communes qui l’appliquent, quelle que soit la durée de location, exigence de DPE, exposition au vote de la copropriété. Une résidence principale louée quelques semaines par an échappe à la plupart d’entre elles. Le fonctionnement de l’autorisation fait l’objet de notre article sur le changement d’usage.

Le DPE est-il obligatoire pour louer en meublé de tourisme ?

Pas en règle générale, et pas pour tout le monde. Le meublé de tourisme a son propre calendrier énergétique, distinct de celui de la location longue durée qui circule partout (logements G interdits en 2025, F en 2028, E en 2034). Ce dernier découle du niveau de décence énergétique des baux d’habitation et ne s’applique pas tel quel aux meublés de tourisme. Deux jalons seulement les concernent.

Depuis le 21 novembre 2024, en France métropolitaine, une autorisation de changement d’usage n’est accordée qu’à un logement dont le DPE est classé A à E (article L631-10 du code de la construction et de l’habitation). La règle vaut pour les autorisations temporaires comme définitives. Sans ce DPE, la mairie refuse. Elle ne touche donc que les logements qui ont besoin d’une autorisation : les résidences secondaires, dans les communes qui appliquent le changement d’usage.

À partir du 1er janvier 2034, tous les meublés de tourisme existants qui ne sont pas la résidence principale du loueur devront respecter le niveau de décence énergétique des locations longue durée : A à D en métropole, A à E en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte (article L324-2-2 du code du tourisme). Le même jour, le seuil de l’autorisation de changement d’usage passe à A à D.

Les résidences principales louées occasionnellement ne sont concernées par aucun des deux jalons. Un studio classé G, résidence principale de son propriétaire, reste louable dans la limite du plafond de nuits.

Le maire dispose d’un pouvoir de contrôle direct : il peut demander un DPE valide à tout propriétaire de meublé, qui a deux mois pour le fournir, sous peine d’une astreinte de 100 € par jour. Si le DPE n’atteint pas le niveau exigé, il peut prononcer une amende administrative de 5 000 € au plus par local et retirer le numéro d’enregistrement.

Certaines communes vont plus loin dans leur règlement : la fiche de Bordeaux indique que le règlement de 2026 exige un DPE pour toute mise en location d’un meublé de tourisme. La frise année par année, avec les cas de l’outre-mer et des autorisations temporaires, figure dans notre article sur le DPE du meublé de tourisme.

La copropriété peut-elle interdire la location courte durée ?

Oui, dans deux cas, et plus facilement qu’avant la loi Le Meur, qui a modifié la loi du 10 juillet 1965 sur trois points.

Les règlements de copropriété nouveaux doivent dire explicitement si la location en meublé de tourisme est autorisée ou interdite (article 8-1-1). S’ils l’interdisent, l’interdiction vaut aussi pour la résidence principale louée occasionnellement. Pour un achat dans un immeuble récent, cette clause se lit avant la signature.

Dans les copropriétés existantes, l’assemblée générale peut interdire les meublés de tourisme dans les lots qui ne sont pas des résidences principales (article 26, d). Deux conditions. Le règlement doit déjà contenir une clause d’habitation bourgeoise interdisant toute activité commerciale dans les lots qui ne sont pas à destination commerciale. Et le vote doit réunir la majorité des membres du syndicat représentant au moins les deux tiers des voix, et non plus l’unanimité. Dans un immeuble de 30 copropriétaires totalisant 10 000 tantièmes, il faut au moins 16 votes favorables, pesant ensemble au moins 6 667 tantièmes. Les résidences principales louées dans la limite de 90 à 120 jours restent autorisées. Le Conseil constitutionnel a jugé ce mécanisme conforme à la Constitution dans sa décision n° 2025-1186 QPC du 19 mars 2026.

Enfin, tout copropriétaire qui déclare un meublé de tourisme doit en informer le syndic (article 9-2), même pour une résidence principale et même si le règlement autorise la location. Un point sur l’activité de meublés de tourisme est alors inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée générale suivante.

Une copropriété qui autorise la location ne protège pas contre les voisins : l’action pour trouble anormal de voisinage reste ouverte en cas de nuisances. Plusieurs communes exigent par ailleurs, au moment de la demande d’autorisation, une attestation de conformité au règlement de copropriété, comme l’indique la fiche d’Annecy. Le questionnaire complet, avec le calcul de la double majorité, se trouve dans notre article sur la copropriété et le meublé de tourisme.

Côté gestion, deux objets aident à prévenir les plaintes : un panneau de règles de la maisonaff. affiché à l’entrée, qui rappelle les horaires de calme, et un détecteur de bruit connectéaff., qui mesure le niveau sonore du logement et vous prévient au-delà d’un seuil. Choisissez un modèle qui mesure le volume sans enregistrer les conversations, et signalez-le dans l’annonce.

Peut-on louer un bureau ou un commerce en meublé de tourisme ?

Oui, mais la commune peut l’encadrer. Le changement d’usage ne vise que la transformation de locaux d’habitation. Pour les locaux qui ne sont pas d’habitation, comme les bureaux, les commerces ou les locaux professionnels, le code du tourisme a prévu un régime distinct : une commune qui applique le changement d’usage peut, par délibération, soumettre leur location en meublé de tourisme à une autorisation du maire (article L324-1-1, IV bis). La loi Le Meur a étendu ce régime à tous les locaux non d’habitation.

Louer un tel local sans l’autorisation exigée expose à une amende civile de 25 000 € au plus, prononcée par le président du tribunal judiciaire à la demande de la commune.

Les communes s’en servent pour protéger leurs rez-de-chaussée commerciaux. La fiche de Carnac en donne un exemple : une délibération du 23 octobre 2025, en vigueur le 1er avril 2026, soumet à autorisation préalable la location d’un local commercial en meublé de tourisme, et l’interdit en zone Uap du plan local d’urbanisme, qui correspond aux rez-de-chaussée commerciaux du cœur de bourg. D’autres villes laissent la porte ouverte : la fiche de Toulouse indique qu’un local commercial peut y devenir meublé de tourisme sans compensation sur toute la ville.

Deux points prêtent à confusion. Le premier concerne l’usage réel du local : un bureau qui a servi de logement peut être regardé comme un local d’habitation, la loi admettant la preuve de cet usage par tout moyen, soit entre 1970 et 1976, soit à tout moment des trente dernières années. Le second concerne la compensation. Dans de nombreuses communes, celui qui transforme un logement en meublé de tourisme doit, en contrepartie, transformer en logement un local qui n’en était pas un. Le bureau ou le commerce est alors la monnaie de la compensation, et non le meublé lui-même. Les deux usages s’excluent : un même local ne peut pas devenir à la fois un logement pérenne et un meublé de tourisme. L’arbre de décision et les exemples de communes figurent dans notre article sur la transformation d’un bureau ou d’un commerce en meublé de tourisme.

Peut-on louer un logement social ou conventionné en courte durée ?

Un logement social ne peut pas être loué en meublé de tourisme, en aucune circonstance. Le guide pratique de la réglementation des meublés de tourisme publié par le ministère de la Transition écologique l’énonce sans exception (§ 1.1.2) : pas même quelques nuits pendant les vacances du locataire. Le plafond de 120 nuits de la résidence principale ne joue pas pour ces logements : c’est une interdiction, pas une limite.

Le logement conventionné relève d’une autre logique. Il s’agit d’un logement privé dont le propriétaire a signé une convention, par exemple avec l’Agence nationale de l’habitat, en contrepartie d’aides et d’engagements. Aucune interdiction nationale propre au meublé de tourisme ne le vise dans les textes que nous avons consultés, mais les règlements municipaux s’en chargent souvent. Plusieurs fiches de notre base le signalent : Annecy déclare l’autorisation impossible pour un logement conventionné (APL, convention Anah), Chamonix-Mont-Blanc n’en délivre aucune, et Saint-Malo la refuse aux logements conventionnés ou subventionnés et à ceux financés par un prêt conventionné. D’autres communes, comme Honfleur ou Trouville-sur-Mer, écartent aussi les logements qui ont bénéficié d’aides publiques ou d’un prêt réglementé.

En pratique, un propriétaire lié par une convention doit relire ses engagements avant tout projet de location courte durée, et interroger la mairie : c’est la combinaison de la convention et du règlement local qui décide, et la fiche de la commune indique si celle-ci exclut ces logements.

Quelles règles de décence et de sécurité s’appliquent au logement ?

Aucun texte national ne fixe de liste d’équipements de sécurité propre au meublé de tourisme, à une exception près : le détecteur de fumée. Il est obligatoire dans tout logement (article R142-2 du code de la construction et de l’habitation). Pour les locations saisonnières, l’article R142-3 met son installation, son entretien et son renouvellement à la charge du propriétaire, alors qu’en location classique l’occupant l’entretient. Le propriétaire d’un meublé de tourisme doit donc vérifier lui-même qu’il fonctionne, entre deux séjours.

La salubrité a aussi une conséquence directe. Depuis le 20 mai 2026, le maire peut suspendre le numéro d’enregistrement d’un meublé et ordonner aux plateformes de retirer l’annonce si le local fait l’objet d’un arrêté de mise en sécurité ou d’insalubrité (article L324-1-1, III bis du code du tourisme). Un logement sous arrêté n’est donc pas louable aux voyageurs.

La décence du logement, au sens du décret n° 2002-120 auquel renvoie par exemple le règlement d’Annecy, n’est pas exigée en tant que telle par le code du tourisme. Mais de nombreuses communes en font une condition de l’autorisation de changement d’usage : c’est le cas, selon nos fiches, d’Annecy, de Carnac, de Saint-Malo ou de Vannes, et Honfleur refuse l’autorisation aux logements non décents. Sur le plan énergétique, la décence rejoindra la règle nationale en 2034, avec le niveau A à D exigé des meublés hors résidence principale.

L’assurance reste une zone grise. Nous n’avons trouvé, sur les sources officielles consultées, aucune obligation légale d’assurance propre au meublé de tourisme. Les exigences viennent du règlement de copropriété, de votre contrat ou des plateformes. Le réflexe utile consiste à signaler l’activité à votre assureur et à lui demander par écrit si la location de courte durée est couverte, y compris les dommages causés par les voyageurs.

Les piscines privées font enfin l’objet d’obligations de sécurité dans le code de la construction et de l’habitation ; nous ne les avons pas encore vérifiées sur le texte, et renvoyons pour ce point à votre mairie ou à un professionnel.

Comment équiper le logement avant la première location ?

Au-delà du détecteur de fumée, la loi n’impose aucune liste d’équipement au meublé de tourisme non classé. Le classement en étoiles, facultatif, s’appuie en revanche sur une grille de critères fixée par arrêté (133 selon la direction générale des entreprises), vérifiée lors d’une visite par un organisme accrédité. Il ouvre un abattement fiscal plus favorable : 50 % jusqu’à 77 700 € de recettes au lieu de 30 % jusqu’à 15 000 € pour un meublé non classé (revenus 2025). Le détail figure dans notre article sur le classement du meublé de tourisme.

Sans classement, l’équipement relève de la gestion et des commentaires des voyageurs, qui en jugent vite. Quatre postes décident de l’expérience. L’arrivée autonome, d’abord : une boîte à clés à code ou une serrure connectéeaff. évitent de remettre les clés en main propre, à condition que la copropriété accepte la fixation. La literie et le linge, ensuite, qui s’usent vite au rythme des rotations et justifient des parures en double. La cuisine, où le voyageur attend de quoi préparer un vrai repas. Le ménage, enfin, dont l’organisation entre deux séjours conditionne le calendrier de location.

Idéal pour : les arrivées autonomes

Boîte à clés sécurisée à code

  • Arrivée à toute heure, sans remise des clés en main propre
  • Code changé entre deux séjours
  • Se fixe au mur, à une grille ou dans un espace privatif

À savoir : En copropriété, renseignez-vous auprès du syndic avant toute fixation en façade ou dans les parties communes.

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Prenons un studio loué 95 € la nuit, 100 nuits par an, soit 9 500 € de recettes. Un jeu de linge supplémentaireaff., une boîte à clés et un détecteur de fumée neuf représentent une dépense modeste au regard de ce chiffre d’affaires, et s’amortissent sur la première saison. La liste complète, pièce par pièce, avec une checklist à cocher, se trouve dans notre article pour équiper un meublé de tourisme avant la première location.

Confier son logement à une conciergerie Airbnb : ce que dit la loi

Quand on ne peut pas assurer soi-même les arrivées, le ménage et le linge, la conciergerie prend le relais. Aucun texte ne définit la « conciergerie », mais son activité tombe souvent sous une loi ancienne : la loi Hoguet du 2 janvier 1970. Elle s’applique à qui, de manière habituelle, même à titre accessoire, prête son concours aux opérations portant sur les biens d’autrui, dont la location saisonnière en meublé et la gestion immobilière.

Une conciergerie qui gère l’annonce, les réservations ou l’encaissement des loyers pour votre compte doit donc détenir une carte professionnelle, délivrée par la chambre de commerce et d’industrie et valable trois ans, et travailler avec un mandat écrit qui précise notamment la réception des fonds, la reddition des comptes et sa rémunération. CCI France tient un fichier national des cartes, consultable en ligne : c’est la première vérification à faire.

La loi Le Meur a ajouté une responsabilité. Celui qui prête son concours, contre rémunération ou gratuitement, à la location d’un logement sans l’autorisation de changement d’usage exigée encourt la même amende civile que le propriétaire, 100 000 € au plus par logement (article L651-2-1 du code de la construction et de l’habitation). Une conciergerie sérieuse vous demandera donc votre numéro d’enregistrement et, pour une résidence secondaire, votre autorisation.

Notre article sur la conciergerie Airbnb détaille ces règles et les questions à poser avant de signer.

Tableau récapitulatif : quelle règle, pour qui, quelle sanction ?

RègleQui est concernéTexteSanction ou effet
Interdiction du meublé de tourismeLogements sociauxGuide DHUP, § 1.1.2Location interdite en toute circonstance
Autorisation de changement d’usageRésidences secondaires, dans les communes qui l’appliquentCCH L631-7 et suivantsAmende civile jusqu’à 100 000 € par local
Autorisation du maire pour les locaux non d’habitationBureaux, commerces, sur délibération de la communeCT L324-1-1, IV bisAmende civile jusqu’à 25 000 €
DPE A à E pour l’autorisationDemandes de changement d’usage, en métropole, depuis le 21/11/2024CCH L631-10Autorisation refusée
DPE A à D (A à E outre-mer)Tous les meublés hors résidence principale, au 1/01/2034CT L324-2-2Amende jusqu’à 5 000 € par local, astreinte de 100 € par jour
Interdiction votée en assemblée généraleLots qui ne sont pas des résidences principales, avec clause d’habitation bourgeoiseLoi du 10/07/1965, art. 26, dLocation interdite dans le lot
Information du syndicTout copropriétaire qui déclare un meubléLoi du 10/07/1965, art. 9-2Point inscrit à l’AG suivante
Détecteur de fuméeTout logement ; à la charge du propriétaire en location saisonnièreCCH R142-2 et R142-3Obligation du propriétaire
Arrêté de mise en sécurité ou d’insalubritéTout meublé visé par un arrêtéCT L324-1-1, III bisSuspension du numéro, retrait de l’annonce

Les montants correspondent aux plafonds légaux ; le détail de chaque amende et de l’autorité qui la prononce figure sur notre page des amendes. Les sources primaires sont l’article L324-1-1 du code du tourisme, la section du code de la construction consacrée au changement d’usage, l’article 26 de la loi du 10 juillet 1965 et le guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme.

Dans quel ordre faire les vérifications ?

L’ordre compte, parce que certaines réponses rendent les suivantes inutiles. Commencez par ce qui interdit d’office : un logement social ou un logement sous arrêté ne se louera pas, quelles que soient ses qualités. Vient ensuite la nature du local : un bureau ou un commerce suit le régime du code du tourisme, un logement celui du changement d’usage.

Vérifiez ensuite la position de la commune, qui détermine le poids du DPE. Si elle applique le changement d’usage et que le bien est une résidence secondaire, le DPE devient une condition immédiate de l’autorisation ; sinon, l’échéance est 2034. La fiche de votre commune le dit, et le test Puis-je louer ? le croise avec votre situation.

Lisez ensuite le règlement de copropriété et les derniers procès-verbaux d’assemblée générale. Pour une résidence secondaire dans un immeuble ancien doté d’une clause d’habitation bourgeoise, le risque d’un vote d’interdiction est permanent, et il pèse sur la rentabilité de tout achat.

Viennent enfin les démarches et l’équipement : le détecteur de fumée, l’information du syndic, puis la déclaration du meublé. Depuis le 20 mai 2026, tout meublé de tourisme doit être déclaré auprès du téléservice national d’enregistrement ; celui-ci n’est pas encore ouvert, et la direction générale des entreprises annonce sa mise en service au quatrième trimestre 2026. En attendant, la procédure de votre commune s’applique, comme l’explique notre article sur le numéro d’enregistrement. Une fois le meublé en ligne, la taxe de séjour et le suivi des nuits avec le compteur de nuits prennent le relais.

Les règles de ce dossier évoluent au fil des délibérations : une commune peut instaurer le changement d’usage, soumettre les commerces à autorisation ou durcir les conditions de son règlement. Les alertes HostRules vous préviennent quand celles de votre commune changent. Ce dossier présente les règles nationales ; pour un cas précis, la mairie, un notaire ou un avocat pourra examiner votre situation.

Questions fréquentes

Peut-on louer un logement HLM sur Airbnb ?

Non. Louer un logement social en meublé de tourisme est interdit en toute circonstance, même quelques nuits par an et même s'il s'agit de la résidence principale du locataire.

Faut-il un DPE pour louer en location saisonnière ?

Pas pour une résidence principale louée occasionnellement. Pour une résidence secondaire, un DPE classé A à E est exigé depuis le 21 novembre 2024 pour obtenir une autorisation de changement d'usage en métropole, et tous les meublés hors résidence principale devront être classés A à D au 1er janvier 2034.

La copropriété peut-elle interdire Airbnb dans mon immeuble ?

Oui, si le règlement contient une clause d'habitation bourgeoise : l'assemblée générale peut interdire les meublés de tourisme dans les lots qui ne sont pas des résidences principales, à la majorité des membres représentant au moins les deux tiers des voix. Un règlement établi depuis le 21 novembre 2024 doit dire lui-même si la location est autorisée ou interdite.

Peut-on transformer un local commercial en location Airbnb ?

C'est possible, mais une commune qui applique le changement d'usage peut, par délibération, soumettre la location d'un local non d'habitation en meublé de tourisme à une autorisation du maire. Louer sans cette autorisation expose à une amende civile de 25 000 € au plus.

Le détecteur de fumée d'une location saisonnière est-il à la charge du propriétaire ?

Oui. Pour les locations saisonnières, l'installation, l'entretien et le renouvellement du détecteur de fumée incombent au propriétaire (article R142-3 du code de la construction et de l'habitation), alors qu'en location classique l'entretien revient à l'occupant.

Une assurance est-elle obligatoire pour louer un meublé de tourisme ?

Aucune obligation légale d'assurance propre au meublé de tourisme n'a été trouvée dans les textes consultés. Les exigences viennent en pratique du règlement de copropriété, de votre contrat ou des plateformes : vérifiez auprès de votre assureur que la location de courte durée est couverte.

Un logement classé F peut-il encore être loué sur Airbnb ?

Oui s'il est votre résidence principale, ou s'il se trouve dans une commune qui n'applique pas le changement d'usage, jusqu'au 31 décembre 2033 en métropole. Dans une commune qui applique le changement d'usage, une résidence secondaire classée F ne peut pas obtenir l'autorisation.

Faut-il prévenir le syndic avant de louer en courte durée ?

Oui. Le copropriétaire qui déclare un meublé de tourisme doit en informer le syndic (article 9-2 de la loi du 10 juillet 1965), et un point sur cette activité est inscrit à l'ordre du jour de l'assemblée générale suivante.

Dossier

Préparer son logement pour la location courte durée : les conditions pour louer en meublé de tourisme

Un logement social ne peut jamais devenir un meublé de tourisme ; un bureau ou un commerce peut l'être, mais la commune peut l'exiger d'une autorisation du maire, sous peine de 25 000 € d'amende. Hors résidence principale, le DPE doit être classé A à E pour obtenir un changement d'usage, et A à D pour tous en 2034 ; la copropriété peut interdire la location à la majorité des deux tiers, et le détecteur de fumée est à la charge du propriétaire.

  1. 01DPE et meublé de tourisme : quelles obligations, et quand ?
  2. 02Copropriété et location courte durée : ce que le règlement peut interdire
  3. 03Transformer un bureau ou un commerce en meublé de tourisme : ce que dit la loi
  4. 04Conciergerie Airbnb : ce que dit la loi, et comment la choisir
  5. 05Équiper un meublé de tourisme : la liste complète avant la première location

Les autres dossiers

Information documentaire établie à partir des textes en vigueur. Elle ne remplace pas l'avis de votre mairie, d'un notaire, d'un avocat ou d'un expert-comptable.

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