En bref
Aucune ville française n'interdit Airbnb en bloc : partout, vous pouvez louer votre résidence principale jusqu'à 120 nuits par an, ou jusqu'au plafond que la commune a fixé entre 90 et 119 nuits. Ce qui est fermé dans certaines villes, c'est la location d'une résidence secondaire ou d'un investissement : compensation obligatoire, quotas atteints, sociétés exclues, secteurs réservés aux résidences principales, sans oublier le logement social et les copropriétés qui interdisent l'activité.
Airbnb est-il interdit dans certaines villes ?
Non : aucune commune française n’interdit toute location sur Airbnb. Partout, un particulier peut louer sa résidence principale en meublé de tourisme, dans la limite de 120 nuits par an ou du plafond que sa commune a fixé entre 90 et 119 nuits. Ce que certaines villes ferment, c’est la location d’un logement où l’on ne vit pas, résidence secondaire ou investissement, par la compensation, les quotas ou l’exclusion des sociétés.
La requête « airbnb interdit » mélange donc deux réalités. La première : la réglementation de la location courte durée, renforcée par la loi Le Meur du 19 novembre 2024, ne supprime aucun droit du particulier sur son propre logement. La seconde : dans plusieurs grandes villes et zones touristiques, louer à l’année un appartement acheté pour Airbnb est devenu, en pratique, hors de portée. Ce guide dresse la liste des verrous, les villes où ils jouent d’après nos fiches, ce qui reste permis, et répond franchement à la question « comment contourner la loi Le Meur ? ».
Ce qui reste permis partout : votre résidence principale
La loi fixe la règle dans l’article L324-1-1 du code du tourisme : un loueur qui propose sa résidence principale ne peut pas la louer « au-delà de cent vingt jours au cours d’une même année civile, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure ». La commune peut abaisser ce plafond, jusqu’à 90 nuits. Parmi les communes publiées sur HostRules, 14 l’ont fait, dont Paris depuis le 1er janvier 2025, Marseille et Lyon depuis le 1er janvier 2026.
Dans cette limite, la résidence principale se loue sans autorisation de changement d’usage, même dans les villes les plus strictes. Deux obligations suffisent : déclarer le logement et afficher son numéro d’enregistrement, puis ne pas dépasser le plafond. Pour tenir le compte, notre compteur de nuits additionne les séjours de toutes les plateformes ; un planning annuel muralaff. rend les périodes louées visibles d’un coup d’œil.
La résidence principale, rappelons-le, est le logement occupé au moins huit mois par an (article 2 de la loi du 6 juillet 1989). Notre guide sur la règle des 120 nuits explique comment le vérifier et ce qui se passe au-delà.
Louer une chambre dans le logement où vous vivez, le reste étant partagé, ne relève pas non plus des interdictions : le Guide pratique du ministère précise que la chambre chez l’habitant n’est pas un meublé de tourisme. Si vous accueillez des voyageurs chez vous, un verrou de porte de chambre à cléaff. leur donne un espace à eux.
Les verrous qui ferment vraiment la porte
Six situations rendent la location en meublé de tourisme impossible ou hors de portée. Elles visent presque toutes un logement qui n’est pas une résidence principale.
| Verrou | Qui est visé | Texte ou source |
|---|---|---|
| Compensation obligatoire partout | résidence secondaire, investissement | règlement communal (CCH L631-7-1) |
| Quota d’autorisations atteint | résidence secondaire, dans la zone contingentée | règlement communal (CCH L631-7-1 A) |
| Aucune autorisation pour une société | logement détenu par une SCI, une SARL… | règlement communal |
| Secteur réservé aux résidences principales | constructions nouvelles, zones du PLU | code de l’urbanisme, L151-14-1 |
| Logement social | tout loueur, résidence principale comprise | Guide DHUP, § 1.1.2 |
| Interdiction en copropriété | lots hors résidence principale (vote), ou tous si le règlement le prévoit | loi du 10 juillet 1965, art. 26 et 8-1-1 |
La compensation. Pour chaque logement transformé en meublé de tourisme, la commune exige qu’un local qui n’était pas un logement le devienne, ou que le propriétaire achète des « droits de commercialité ». Quand elle s’applique à toute la commune, sans autorisation temporaire pour une résidence secondaire classique, l’opération n’est réalisable que pour un investisseur qui dispose d’un local à transformer. Notre guide du changement d’usage détaille ce régime.
Les quotas. Une commune peut plafonner le nombre d’autorisations temporaires. Une fois le plafond atteint, les nouvelles demandes sont refusées et, souvent, placées sur une liste d’attente.
Les sociétés exclues. La loi permet d’accorder l’autorisation temporaire à une personne morale, mais le règlement local peut la réserver aux personnes physiques, voire refuser toute autorisation à une société. Le guide SCI et location courte durée détaille ce cas.
Les secteurs réservés. Dans les communes de la taxe sur les logements vacants ou celles où les résidences secondaires dépassent 20 % des logements, le plan local d’urbanisme peut imposer que les constructions nouvelles soient exclusivement des résidences principales. Strasbourg a engagé une modification de son PLU en ce sens ; à Gassin, le PLU impose déjà une servitude de résidence principale dans certaines zones.
Le logement social ne peut jamais être loué en meublé de tourisme, et la copropriété peut interdire l’activité : le guide copropriété et meublé de tourisme explique la majorité requise et ce qui reste protégé.
Enfin, le DPE : depuis le 21 novembre 2024, une autorisation de changement d’usage n’est accordée qu’à un logement classé A à E. Un logement classé F ou G est donc fermé à la location touristique dans toute commune qui exige cette autorisation, tant que des travaux ne l’ont pas amélioré (voir DPE et meublé de tourisme).
Dans quelles villes louer une résidence secondaire est-il le plus fermé ?
Les listes ci-dessous sont calculées à partir de nos fiches communes, avec la même logique que leurs verdicts. Elles ne couvrent que les communes que nous avons vérifiées ; chaque nom renvoie à la fiche, datée et sourcée.
Compensation exigée pour toute résidence secondaire classique (37 communes) : Anglet, Arbonne, Arcangues, Ascain, Bagneux, Bassussarry, Bayonne, Biarritz, Bidart, Biriatou, Bordeaux, Boucau, Boulogne-Billancourt, Cassis, Ciboure, Colombes, Courbevoie, Fontenay-sous-Bois, Guéthary, Hendaye, Issy-les-Moulineaux, Les Lilas, Levallois-Perret, Lille, Malakoff, Marseille, Mouguerre, Nanterre, Neuilly-sur-Seine, Paris, Puteaux, Roubaix, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Pierre-d'Irube, Urrugne, Ustaritz, Villefranque.
Dans cette liste figurent les communes de la zone tendue du Pays basque que nous couvrons, où l’autorisation sans compensation est réservée à la location mixte et au meublé attenant à la résidence principale, ainsi que Paris, Marseille, Bordeaux, Lille et une grande partie des Hauts-de-Seine.
Quotas d’autorisations (27 communes) : Annecy, Annemasse, Ars-en-Ré, Charenton-le-Pont, Colmar, Dieppe, Dinan, Dolus-d'Oléron, Fontenay-sous-Bois, L'Île-d'Yeu, L'Isle-sur-la-Sorgue, La Flotte, Le Bois-Plage-en-Ré, Le Château-d'Oléron, Le Palais, Les Portes-en-Ré, Les Sables-d'Olonne, Montpellier, Nice, Rivedoux-Plage, Saint-Georges-d'Oléron, Saint-Malo, Saint-Martin-de-Ré, Saint-Pierre-d'Oléron, Saint-Trojan-les-Bains, Sainte-Marie-de-Ré, Vincennes.
Un quota n’est pas forcément atteint. Sur l’île de Ré, la communauté de communes indiquait au 26 septembre 2026 que le quota était atteint à Ars-en-Ré, La Flotte, Le Bois-Plage-en-Ré, Les Portes-en-Ré, Saint-Martin-de-Ré et Sainte-Marie-de-Ré : les nouvelles demandes y rejoignent une liste d’attente. Aux Sables-d’Olonne, la zone du Remblai est considérée comme ne pouvant plus accueillir de nouveaux meublés en résidence secondaire.
Aucune autorisation pour une société (5 communes) : Andernos-les-Bains, Charenton-le-Pont, Évian-les-Bains, La Teste-de-Buch, Rennes.
À l’inverse, 14 communes publiées n’appliquaient pas le changement d’usage à la date de notre vérification, parmi lesquelles Caen, Grenoble, Tours ou Villeurbanne : une résidence secondaire s’y loue sans autorisation, avec un numéro d’enregistrement.
Que me reste-t-il ? Le module
Indiquez votre situation et votre commune : le module liste les options légales qui restent ouvertes, celles qui sont fermées et celles qui dépendent d’une condition que vous seul pouvez vérifier.
Ce module résume nos fiches à leur date de vérification et les règles nationales ; il ne remplace pas le règlement de la commune ni l'avis d'un professionnel pour un cas précis.
Pour une commune absente de nos fiches, le questionnaire puis-je louer ? donne le verdict que nous pouvons établir, et une alerte vous prévient quand une règle change.
Les alternatives légales quand le meublé de tourisme est fermé
Quand la location touristique d’un logement qui n’est pas votre résidence principale est fermée, trois régimes restent ouverts. Ils ne sont pas des astuces : ce sont d’autres contrats, avec d’autres règles.
Le bail mobilité
Le bail mobilité est un bail meublé de 1 à 10 mois, non renouvelable, réservé à un locataire en formation professionnelle, en études supérieures, en apprentissage, en stage, en service civique, en mutation professionnelle ou en mission temporaire (service-public.fr). Aucun dépôt de garantie ne peut être demandé. Le Guide pratique du ministère le range expressément hors des meublés de tourisme : il ne demande pas d’autorisation de changement d’usage, et plusieurs règlements locaux le rappellent.
Le bail mobilité demande une vraie gestion locative : contrat, inventaire du mobilier, état des lieux d’entrée et de sortie.
Idéal pour : le bail mobilité ou le bail meublé
Carnet d'états des lieux pour location meublée
- Des pages prêtes pour l'état des lieux d'entrée et de sortie, pièce par pièce
- Un inventaire du mobilier à cocher, utile pour un logement meublé
- Un exemplaire pour chaque partie, signé le même jour
À savoir : Le contenu minimal d'un logement meublé est fixé par les textes : vérifiez la liste avant la signature.
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Le bail meublé d’habitation
Un bail meublé classique, à un occupant qui y élit domicile, relève de la loi du 6 juillet 1989 et non du régime des meublés de tourisme. Il n’ouvre ni la souplesse ni les tarifs de la nuitée, mais il n’est soumis ni au changement d’usage ni aux quotas.
La location mixte, là où elle est prévue
Certaines communes ouvrent une autorisation temporaire sans compensation à la location mixte : un bail étudiant, un bail mobilité ou un bail de saisonnier une partie de l’année, et quelques mois de meublé de tourisme. C’est le cas dans les communes de la zone tendue du Pays basque, à La Rochelle, à Vannes ou, à titre expérimental, à Chamonix-Mont-Blanc. Les durées minimales de bail et maximales de tourisme varient : notre guide de la location mixte les compare. Le bail signé et daté est la pièce qui prouve le régime : rangez-le, avec les quittances, dans un classeur à intercalairesaff. par logement.
Reste enfin l’autorisation définitive avec compensation, que la plupart des villes concernées continuent de délivrer. Elle a un coût, qui se chiffre avec un notaire et le service urbanisme. Si vous envisagez d’acheter pour louer, notre article investir en Airbnb en 2026 classe les communes que nous suivons selon ce qu’elles permettent encore à un investisseur.
Comment contourner la loi Le Meur ? La réponse honnête
La question est tapée telle quelle dans les moteurs de recherche. La réponse tient en une phrase : il n’y a pas de contournement, il y a des régimes différents. Les montages qui circulent sur les forums reviennent tous à se placer faussement dans un régime plus favorable, et chacun a sa sanction.
| Montage | Pourquoi il ne tient pas | Ce que vous risquez |
|---|---|---|
| Déclarer une résidence secondaire comme principale | la résidence principale suppose 8 mois d’occupation par an ; la déclaration doit être prouvée | 20 000 € pour fausse déclaration, 100 000 € par logement pour le changement d’usage |
| Répartir les nuits entre plusieurs plateformes | le plafond vaut par année civile, pour le loueur ; les plateformes transmettent leurs données, la commune peut demander le décompte | 15 000 € pour dépassement du plafond |
| Signer un « bail mobilité » avec des touristes | le bail mobilité n’existe que pour les locataires éligibles, sur 1 à 10 mois ; un séjour de passage reste un meublé de tourisme | les sanctions du meublé loué sans autorisation |
| Faire porter le bien par une SCI | l’autorisation vise le local ; plusieurs villes ferment la voie temporaire aux sociétés | les mêmes sanctions, et un risque fiscal pour la société |
| Louer en direct, hors plateforme | l’obligation vise « toute personne qui offre à la location un meublé de tourisme », quel que soit le canal | 10 000 € sans enregistrement, 100 000 € sans autorisation |
| Confier la gestion à une conciergerie | celui qui prête son concours à l’infraction encourt la même amende | 100 000 € par local, pour le loueur comme pour la conciergerie |
Les amendes du changement d’usage (article L651-2 du CCH) sont prononcées par le président du tribunal judiciaire à la demande de la commune, qui peut aussi obtenir le retour du logement à l’habitation sous astreinte. Et les communes disposent désormais des données d’activité transmises par les plateformes à l’organisme public unique (décret n° 2026-196 du 19 mars 2026). Notre guide des contrôles et sanctions détaille comment elles s’en servent ; l’outil amendes calcule le plafond de chaque manquement.
Ce guide explique les règles et ne tranche pas un cas particulier : pour un projet précis, le service urbanisme de la mairie, un notaire ou un avocat sont les bons interlocuteurs.
Où lire les textes ?
- Article L324-1-1 du code du tourisme, version en vigueur depuis le 20 mai 2026 : plafond de la résidence principale, enregistrement, sanctions.
- Articles L631-7 à L631-10 du code de la construction et de l’habitation : changement d’usage, compensation, quotas, DPE.
- Sanctions du changement d’usage, articles L651-1 et suivants du CCH.
- Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur.
- Le bail mobilité, service-public.fr.
- Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme, ministère de la Transition écologique.
Questions fréquentes
Airbnb est-il interdit en France en 2026 ?
Non. La location en meublé de tourisme reste légale partout, mais encadrée : numéro d'enregistrement pour tous, plafond de nuits pour la résidence principale, et autorisation de changement d'usage pour les autres logements dans les communes qui l'exigent. Le logement social est la seule catégorie interdite en toute circonstance.
Airbnb est-il interdit à Paris ?
Non pour une résidence principale, louable 90 nuits par an depuis le 1er janvier 2025. Pour une résidence secondaire, le règlement municipal soumet toute transformation en meublé de tourisme à une compensation dans le même quartier, ce qui ferme la porte à la plupart des particuliers.
Airbnb est-il interdit à Marseille ?
Non pour une résidence principale, louable 90 nuits par an depuis le 1er janvier 2026. Hors résidence principale, le règlement de 2025 exige une compensation dans le même groupe d'arrondissements, et la location meublée touristique est prohibée dans les logements sociaux.
Airbnb est-il interdit au Pays basque ?
Non, mais dans les 24 communes de la zone tendue de la Communauté Pays basque, une résidence secondaire classique ne se loue qu'avec une compensation. L'autorisation temporaire sans compensation y est réservée à des cas particuliers, comme la location mixte ou le meublé attenant à la résidence principale.
Airbnb peut-il être interdit en copropriété ?
Oui. Si le règlement contient une clause d'habitation bourgeoise, l'assemblée générale peut interdire les meublés de tourisme dans les lots qui ne sont pas des résidences principales, à la majorité des deux tiers des voix. Un nouveau règlement peut aussi l'interdire expressément, résidence principale comprise.
Comment contourner la loi Le Meur ?
Il n'existe pas de contournement légal : fausse résidence principale, faux bail mobilité ou société interposée exposent aux amendes, jusqu'à 100 000 € par logement pour le changement d'usage. Il existe en revanche des régimes différents, parfaitement légaux : résidence principale sous le plafond, chambre chez l'habitant, bail mobilité, bail meublé, location mixte là où elle est prévue.
Information documentaire établie à partir des textes en vigueur (Légifrance, Guide pratique de la réglementation des meublés de tourisme du ministère, impots.gouv.fr). Elle ne remplace pas l'avis de votre mairie, d'un notaire ou d'un avocat. Une erreur ? info@bs-media.fr.
Dossier
Réglementation de la location courte durée en 2026 : les règles Airbnb, point par pointEn 2026, tout meublé de tourisme doit être déclaré et porter un numéro d'enregistrement, sous peine de 10 000 € d'amende. La résidence principale se loue sans autorisation mais pas plus de 120 nuits par an (90 à 119 si la commune l'a décidé) ; la résidence secondaire peut exiger, dès la première nuit, une autorisation de changement d'usage dont l'absence coûte jusqu'à 100 000 € par logement.
- 01Loi Le Meur : ce qui change pour la location courte durée en 2026
- 02Résidence principale : la règle des 120 nuits (ou 90) expliquée
- 03Louer sa résidence secondaire sur Airbnb en 2026 : autorisation, compensation, quotas
- 04Changement d'usage : faut-il une autorisation pour louer en meublé de tourisme ?
- 05Location mixte : louer à un étudiant (ou en bail mobilité) l'année et aux touristes l'été
- 06Louer une chambre, un studio annexe ou une dépendance : quelles règles ?
- 07Louer en Airbnb via une SCI : 120 jours, changement d'usage et fiscalité
- 08Airbnb interdit : dans quelles villes, et ce qui reste permis(vous êtes ici)
- 09Investir en Airbnb en 2026 : où c'est encore possible, et à quelles conditions
- 10Airbnb non déclaré : contrôles de la mairie et sanctions en 2026
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